Ce que les cadres officiels demandent de savoir
Ces cadres décrivent des compétences attendues. Aucun ne fournit de cours pour les atteindre. Cette page dit ce que chacun demande de savoir, et où ce cours le donne.
Un financeur, un chef d’établissement ou un ministère pose souvent la même question : sur quoi The AI Manual s’appuie-t-il ? Cette page répond avec des pièces publiques, chacune ouverte à son adresse au moment de l’écrire. Elle ne prétend rien inventer : elle relie ce que ces pièces demandent de savoir à l’endroit précis où ce cours le donne.
Sur cette page
Une compétence attendue, pas un cours
Les quatre cadres qui suivent décrivent des compétences : ce qu’une personne doit savoir faire face à un système d’intelligence artificielle, à quel niveau, à quel âge ou dans quel métier. Aucun n’explique comment un modèle fabrique sa réponse, pourquoi il invente avec aplomb, ou d’où viennent ses biais. Ce n’est pas une lacune de leur part : décrire une compétence attendue et enseigner comment l’atteindre sont deux métiers différents. Ce cours fait le second, chapitre par chapitre, et le montre ci-dessous, cadre par cadre.
Le cadre de l’OCDE et de la Commission européenne
L’OCDE et la Commission européenne, avec le soutien de CodeAI, publient et lancent ce cadre les 17 et 18 juin 2026 à Bruxelles, après une consultation internationale ouverte sur un brouillon de mai 2025 qui a réuni plus de deux mille contributeurs. Il s’adresse au primaire et au secondaire, et nourrit le volet innovant de l’enquête PISA 2029.
Il décrit quatre domaines de compétences, dix-neuf compétences au total, chacune faite d’un savoir, d’un savoir-faire et d’une attitude : s’engager avec l’intelligence artificielle, créer avec elle, la gérer, la façonner. Son domaine « gérer l’IA » demande de savoir ce que l’on choisit de confier à un système, et ce qu’il en advient.
Ce que ce cadre permet d’affirmer, ce cours le donne au chapitre ce qu’on lui donne : les quatre choses distinctes qui arrivent à un texte, une image ou un fichier confié à un service.
Le cadre UNESCO pour les élèves
L’UNESCO publie ce cadre le 8 août 2024, pendant sa semaine de l’apprentissage numérique. Il s’adresse aux élèves de l’enseignement scolaire.
Il décrit douze compétences réparties en quatre dimensions, à trois niveaux de progression : comprendre, appliquer, créer. Ses quatre dimensions sont un état d’esprit centré sur l’humain, l’éthique de l’intelligence artificielle, ses techniques et ses applications, la conception de systèmes d’intelligence artificielle. Sa dimension « éthique de l’IA » demande de savoir pourquoi un système reproduit des déséquilibres qu’il n’a pas choisis.
Ce que cette dimension demande, ce cours le donne au chapitre d’où viennent les biais : une démonstration où l’on déforme soi-même la composition d’un corpus, et où l’on voit le modèle rendre exactement la déformation posée.
Le cadre UNESCO pour les enseignants
L’UNESCO publie ce cadre le même jour, le 8 août 2024 : le premier cadre mondial de ce type conçu pour les enseignants eux-mêmes, et non pour leurs élèves.
Il décrit quinze compétences réparties en cinq dimensions, à trois niveaux : acquérir, approfondir, créer. Ses cinq dimensions sont un état d’esprit, l’éthique de l’intelligence artificielle, ses fondamentaux, sa pédagogie, le développement professionnel. Sa dimension « état d’esprit centré sur l’humain » demande de savoir reconnaître les situations où une réponse de machine n’a pas sa place, pas seulement celles où elle en a une.
Ce que cette dimension attend, ce cours le donne au chapitre quand ne pas s’en servir : trois tests pour décider si une situation autorise de s’appuyer sur une réponse de machine, et pourquoi un détecteur ne prouve jamais rien.
Un cadre non européen : AI4K12
AI4K12 n’est pas un cadre européen, et c’est précisément pourquoi il figure ici : la démarche de littératie en intelligence artificielle n’appartient pas à un continent. L’AAAI et la CSTA le publient depuis 2018, avec le soutien de la National Science Foundation étatsunienne, et le tiennent à jour depuis. Il s’adresse aux classes étatsuniennes par bandes scolaires, de la maternelle à la terminale (K-2, 3-5, 6-8, 9-12 dans sa nomenclature).
Il décrit cinq grandes idées : la perception, la représentation et le raisonnement, l’apprentissage, l’interaction naturelle, l’impact sociétal. Sa grande idée « perception » porte sur la façon dont un système capte et représente une image, un son ou un texte.
Ce cours retourne cette question : comment reconnaître qu’une image a été fabriquée, pas seulement perçue. Ce que ce cadre permet d’affirmer, ce cours le donne au chapitre une image fabriquée : deux images fabriquées sur l’appareil qui ouvre la page, leurs spectres côte à côte, et la limite du procédé, un peu de bruit suffit à l’effacer.
Ce que les cadres demandent, et où ce cours le donne
Le tableau retient un point par cadre, et s’arrête aux chapitres déjà publiés : une ligne sans chapitre réel ne s’écrit pas.
| Compétence attendue | Cadre qui la demande | Page du cours qui la traite |
|---|---|---|
| Savoir ce que l’on choisit de confier à un système, et ce qu’il en advient | OCDE et Commission européenne, domaine « gérer l’IA » | Ce qu’on lui donne |
| Comprendre pourquoi un modèle reproduit les déséquilibres de ses données d’entraînement | UNESCO, cadre pour les élèves, dimension « éthique de l’IA » | D’où viennent les biais |
| Décider si une situation autorise de s’appuyer sur une réponse de machine | UNESCO, cadre pour les enseignants, dimension « état d’esprit centré sur l’humain » | Quand ne pas s’en servir |
| Reconnaître les indices, et leurs limites, d’une image fabriquée par une machine | AI4K12, grande idée « perception » | Une image fabriquée |
Ce qui est réglementaire ne relève pas de ce socle
Le droit de l’Union européenne pose, en plus de ces cadres, une obligation distincte : son règlement sur l’intelligence artificielle demande à tout fournisseur et à tout déployeur d’un système de soutenir la littératie en intelligence artificielle de son personnel, quel que soit le niveau de risque du système. Cette obligation est en application depuis février 2025.
Elle n’a rien à voir avec les quatre cadres ci-dessus : un cadre décrit une compétence à atteindre, une obligation légale impose un effort à une organisation, sous une autorité qui peut la sanctionner. La mécanique d’un modèle est la même partout : un chapitre qui la décrit vaut pour toutes les langues de ce cours. Une obligation légale ne l’est pas : elle vaut pour un territoire, pas pour un autre. C’est pourquoi elle est traitée à part, en module posé à côté de ce socle, jamais dans ce socle : voir l’obligation européenne.
Voir aussi
Ce que ce site est, et à quoi il s’engage, est décrit à la page à propos. Chaque source de ce cours, cadre par cadre et thème par thème, est répertoriée à la page crédits.
Sources
- Empowering Learners for the Age of AI (« AILit Framework »), OCDE et Commission européenne, avec le soutien de CodeAI, 2026.
- Empowering Learners for the Age of AI (rapport intégral, PDF), OCDE Publishing, avec la Commission européenne, 2026.
- AI Competency Framework for Students, UNESCO, 2024.
- AI Competency Framework for Teachers, UNESCO, 2024.
- AI4K12: Five Big Ideas in AI, AAAI et CSTA, financé par la National Science Foundation, 2018.
- Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), texte consolidé, Article 4 « AI literacy », Union européenne, EUR-Lex, 2024, texte consolidé au 27 juillet 2026.