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De quoi faire cours dès demain sur l’intelligence artificielle

Ce parcours donne l’ordre pour aborder les notions du cours en classe, une séance prête à reprendre telle quelle, les pièges du sujet, et les cadres officiels qui l’encadrent. Ce qu’il ne fournit pas est dit tout aussi franchement.

Un amphithéâtre vide, ses rangées de sièges et de tablettes vues depuis le fond de la salle
Les démonstrations tournent sur l’appareil, sans compte et sans connexion : ce qui compte dans une salle où le réseau est incertain. Photographie : Yinan Chen, page du fichier, licence Public Domain (texte de la licence).

Ce texte n’est pas une leçon de pédagogie : c’est ce qu’un collègue donnerait avant un premier cours sur le sujet. Le cours suit déjà le bon ordre, chaque chapitre s’appuie sur le précédent. Ce qui manque à qui le découvre, c’est de savoir ce qui se projette, ce qui se dit à l’oral, comment regrouper les neuf chapitres en séances, et les pièges du sujet.

Dans quel ordre aborder les notions

Neuf chapitres, quatre séances. Chaque ligne dit ce qui se projette et ce qui se traite à l’oral, et pourquoi.

  1. Séance 1 : les mots en morceaux, projeté. Une phrase proposée par la classe plutôt qu’un exemple préparé : le découpage d’un mot familier convainc plus qu’un exemple abstrait. Cinq minutes suffisent.
  2. Séance 1 : le prochain mot, projeté. La suite directe de la notion précédente, pas une séance à part : faire varier le réglage devant la classe et lire à voix haute les mots proposés à chaque valeur.
  3. Séance 1 : pourquoi il invente, à l’oral. Aucune projection de plus : le mécanisme vu juste avant suffit à expliquer une réponse fausse dite avec assurance. Demander qui en a déjà reçu une.
  4. Séance 2 : d’où viennent les biais, projeté. La démonstration sur un jeu de données montre le biais avant qu’on le nomme, ce qui évite l’effet leçon de morale.
  5. Séance 2 : ce qu’on lui donne, à l’oral. La notion la plus utile à la vie de classe se discute mieux qu’elle ne se démontre. Question concrète : que devient un devoir tapé dans un outil gratuit ?
  6. Séance 3 : une image fabriquée, projeté. La démonstration des artefacts se regarde à plusieurs : une classe entière repère plus de détails qu’une seule personne.
  7. Séance 3 : une voix fabriquée, à l’oral. Le doute s’installe à l’oreille, pas sur un graphique : faire écouter plutôt que projeter.
  8. Séance 3 : les filigranes, projeté. La réponse directe à la question que les deux notions précédentes font naître : « comment le sait-on, alors ? ». À montrer comme une piste partielle, jamais comme une solution.
  9. Séance 4 : quand ne pas s’en servir, à l’oral. Clôture du cours, en débat plutôt qu’en liste lue : trois questions suffisent à trancher un cas, le coût d’une erreur, la vérifiabilité, la légitimité.

Le sommaire complet du cours, dans cet ordre, est à la page comprendre.

Une séance type

La première séance ci-dessus tient dans un cours ordinaire et se reprend telle quelle.

Ce qu’on projette
La démonstration de découpage en jetons, avec une phrase proposée par un élève. Puis la démonstration du réglage de prédiction, sur le même exemple.
Ce qu’on fait manipuler
Le réglage de la seconde démonstration, un élève au clavier, la classe qui lit à voix haute les mots proposés à chaque valeur.
La question qui ouvre le débat
« Si la machine ne fait que deviner le mot le plus probable, pourquoi a-t-elle l’air de comprendre la question ? »
Ce qui va au tableau
Une seule ligne, gardée toute l’année : texte, jetons, nombres, prédiction, mot choisi. En dessous : prédire n’est pas comprendre.

Les deux démonstrations tournent hors connexion et sans compte : elles s’ouvrent la veille sur un poste, une fois, et fonctionnent ensuite même si le réseau de l’établissement tombe pendant le cours. Dans une salle sans réseau fiable, c’est souvent ce qui décide si la séance a lieu ou non.

Ce que vous pouvez faire de ce contenu

Le cours est publié sous licence CC BY 4.0 : le projeter en classe, l’imprimer, le traduire, l’intégrer à un support ou à un manuel existant sont autorisés d’avance, sans demande préalable et sans en informer l’association. La mention exacte à faire figurer est sur la page licence et réutilisation, elle ne se recopie pas d’ici.

Les pièges de ce sujet

Deux pièges reviennent souvent, à éviter avant qu’ils ne s’installent.

Promettre de détecter un texte fabriqué en est un. Aucun détecteur de texte généré par IA n’est à la fois fiable et précis, et l’erreur ne se répartit pas au hasard : plusieurs détecteurs très utilisés classent à tort la majorité des textes écrits par des élèves qui n’écrivent pas dans leur langue maternelle comme générés par une machine, alors qu’ils identifient correctement les textes de locuteurs natifs. Accuser un élève sur la foi d’un pourcentage revient donc à sanctionner d’abord celui qui écrit dans une langue seconde. Le chapitre quand ne pas s’en servir détaille ce dossier, et une lecture plus longue est publiée au blog : les détecteurs d’IA à l’école.

Le second piège est de présenter comme établi ce qui reste débattu. Le chapitre pourquoi il invente marque explicitement la part qui fait consensus et celle qui ne l’est pas. Reprendre cette distinction en classe, plutôt que de la lisser, ne coûte rien et évite d’avoir à se corriger plus tard.

Les cadres qui encadrent ce travail

Trois cadres publics servent la préparation d’un cours, chacun à un moment différent.

Le détail de chacun, avec ce qu’il permet d’affirmer, est sur la page les cadres officiels.

Ce que ce site ne fournit pas

Trois choses, et ce parcours le dit avant qu’on les cherche en vain.

Si l’une de ces pièces vient à exister sur ce site, ce sera un module à côté du cours, jamais dans son socle.